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"Much Loved", le film polémique de Nabil Ayouch

Censure, insultes, menaces de mort : Much Loved, le film de Nabil Ayouch enflamme le Maroc. Mettant en scène le quotidien de quatre prostituées marocaines, le film suscite une vive polémique dans le pays. Le réalisateur a été menacé de mort ainsi que les actrices du film, un des acteurs affirme même avoir été agressé à Casablanca.

Le nouveau film du réalisateur franco-marocain Nabil Ayouch a beaucoup fait parler de lui lors de sa présentation à Cannes. Depuis la fin du festival, c’est toujours le cas, mais malheureusement pas pour de bonnes raisons. Intitulé Much Loved, il raconte le quotidien de prostituées dans le Marrakech d’aujourd’hui. Noha, Randa, Soukaina, Hlima s’entraident, malgré leur quotidien dans la misère et leurs soirées inavouables et humiliantes. Le film est certes une fiction, mais une fiction ancrée dans la réalité, qui placent les autorités marocaines comme complices de la situation. C’est pour cela que le Ministère de la Communication marocain avait annoncé, après la projection de Much loved au festival de Cannes, l’interdiction de diffusion dans son pays, prétextant “un outrage grave aux valeurs morales et à la femme marocaine, et une atteinte flagrante à l’image du royaume”.

Choqué par cette décision, le réalisateur Nabil Ayouch peut toutefois compter sur le soutien du monde du cinéma. Près de quatre-vingt réalisateurs et producteurs dont Jean-Pierre et Luc Dardenne, Arnaud Desplechin ou encore Riad Sattouf ont signé une pétition, diffusée vendredi dernier dénonçant “cette mise en danger de la liberté d’expression”.

Mais l’équipe du film est attaquée de toutes parts. Une plainte a été déposée par l’association marocaine de défense qui voit, dans le film, une incitation à la prostitution. Dans un message publié sur sa page Facebook, puis effacé, le cheikh salafiste Hammad Al- Kabbaj a même lancé une fatwa contre le réalisateur : “J’appelle en ma qualité de citoyen marocain à traduire en justice cet homme parce qu’il porte gravement atteinte aux moeurs et à l’intégrité morale des Marocains. J’appelle aussi au lancement d’une vaste campagne nationale pour réclamer au gouvernement l’interdiction de ce film ordurier”.  Une autre page du réseau social, supprimée à son tour, demandait “l’exécution” de Nabil Ayouchet de l’actrice Loubna Abidar.

Dans le cadre de la reprise de la Quinzaine des Réalisateurs, Much Loved sera projeté aujourd’hui, mercredi 3 juin à 21 heures au Forum des Images, à Paris. La séance est complète, ce qui laisse présager un bel avenir en salle pour le film lors de sa sortie en France, le 16 septembre prochain.

Ce n’est pas la première fois que Nabil Ayouch suscite la polémique dans son pays. En 2012, son précédent film, Les Chevaux de Dieu, avait déjà créé un débat car le cinéaste condamnait les cinq attentats-suicides qui avaient eu lieu à Casablanca en mai 2003 et l’Islam radical, de manière plus générale. Le film avait néanmoins remporté le prix François Chalais à Un Certain Regard au Festival de Cannes 2012.

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