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Les coiffes amérindiennes interdites dans les festivals au Canada

De nombreux événements musicaux canadiens ont pris la décision d’interdire à leurs participants de porter des coiffes amérindiennes et autres attributs des Natifs Américains.

Plusieurs festivals canadiens ont décidé d’interdire le port d’attributs traditionnels amérindiens aux festivaliers. D’après VICE News le festival Osheaga, “pilier des festivals à Montréal”, a bannit les coiffes à plumes. Evenko, le promoteur du festival, a quant à lui annoncé l’interdiction des coiffures amérindiennes dans deux autres événements qu’il produit : Heavy Montreal et Île Soniq.

Nota Bene : En ces temps de meilleure prise de conscience, le Edmonton Folk Music Festival demande à ses clients de respecter les cultures des Américains d’origine et de ne porter aucune des coiffes des Premières Nations pendant le festival. Ce type de coiffe a un sens culturel et sacré et nous vous demandons de le respecter et de l’honorer en n’en faisant pas un accessoire fashion. Ces accessoires seront confisqués par la sécurité.

Ce message a été posté sur la page Facebook du festival Edmonton Folk Music : les coiffes amérindiennes y sont désormais interdites aussi. Le festival canadien est évidemment conscient de l’insulte et l’amalgame qui sont fait aux premiers peuples du continent et compte bien y mettre un terme.

Un faux pas que certaines célébrités ont franchit comme Pharrell Williams qui posait de cette manière pour Elle UK en 2014, ou encore Gwen Stefani en 2012 dans son clip “Looking Hot”. Montrés du doigt, les deux pop stars s’étaient excusées, mais le mal était fait.

© ELLE-UK
© ELLE-UK

En juin 2013, le trio amérindien de musique électronique A Tribe Called Red faisait passer un message à ses followers sur Twitter, on ne peut plus explicite, leur demandant d’arrêter de porter les coiffes ainsi que les peintures de guerre. Et dans une interview au blog du Tall Tree Festival, l’un des membres du groupe expliquait son malaise, face à l’amalgame entre tous les “Indiens” que les blancs peu instruits font :

C’est le renouveau du pan-indianisme. Ça nous dérobe notre nationalité. Ça me dérobe d’être Ojibwe et ça dérobe à Bear et Shub d’être Cayuga. Les Cayuga ne portent pas de coiffes mais ils se retrouvent amalgamés et ça les avilit. Ces coiffes sont des imitations, ce sont des faux. Elles représentent une vision raciste et très stéréotypée de ce que nous sommes.

Preuve que les tensions communautaires ont franchi le portail des festivals de musique, les organisateurs du RepublicLive’s WayHome and Boots and Hearts en Ontario et le Tall Tree Music Festival de l’île de Vancouver Island ont non seulement interdit les coiffes amérindiennes mais également le drapeau des Confédérés (symbole délicat aux États-Unis et qui ravive l’historique d’esclavage de l’Amérique du Nord).

Cette polémique canadienne rappelle les scandales de “black face” aux États-Unis, cette caricature stéréotypée de personne noire inspirée d’une forme de théâtre de rue américaine, disparue notamment grâce au mouvement des droits civiques dans les années 60.

Une appropriation culturelle plus connu sous le terme de White Privilege. Tout comme certaines pop stars blanches s’approprient les codes de la communauté hip-hop noire américaine (Iggy Azalea ou encore Miley Cyrus pour ne citer qu’elles), certains festivaliers portent des coiffes à plumes et des peintures de guerre pour faire “comme les indiens”… Un phénomène racial expliqué par l’ethnomusicologue Emmanuel Parent (contacté par Konbini) : “Le “privilège blanc” aux États-Unis, comme toutes les questions liées à la couleur de peau, renvoie à la période de l’esclavage où la pensée raciale est née et s’est développée, un système de pensée dans lequel seuls ceux qui sont du mauvais côté de la barrière raciale ont à se préoccuper de celle-ci.”

En gros, les Noirs sont tenus de rester cantonnés dans un espace, respecter des attitudes envers les Blancs, se comporter de telle manière, accepter tels emplois après l’abolition, etc., alors que les Blancs, eux, peuvent ignorer les tabous liés à la frontière raciale.

Même si (on ose y croire) les festivaliers n’y pensaient pas, c’est tout simplement du racisme…

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