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Alice Marble, la championne de Wimbledon qui était également espionne de Nazis

Après Roland Garros c’est au tour de Wimbledon, le tournoi de tennis anglais a démarré ce lundi 29 juin. L’occasion de revenir sur une histoire hors du commun, celle d’Alice Marble. Une histoire révélée par Time.com

Numéro 1 du tennis féminin aux USA entre 1936 et 1940, membre de l’International Tennis Hall of Fame, Alice Marble a remporté 18 Grand Chelem, et fut la première a adopté le style de jeu “serve-and-volley”. Un style agressif souvent critiqué, comparant son jeu à celui des hommes. Mais c’est sa fascinante vie hors du court qui fait d’Alice une athlète plus que mémorable.

A ses débuts Marble avait déjà dû surmonter des épreuves. Dans sa deuxième autobiographie, “Courting Danger”, elle raconte avoir été violée par un inconnu quand elle avait 15 ans, un traumatisme qu’elle a caché à sa mère par honte. Puis au moment où sa carrière décolle, elle attrape la tuberculose, elle a une vingtaine d’année à peine, et exige alors une année de récupération.

Sa grande carrière de tenniswoman derrière elle, Alice Marble se lance dans d’autres projets. DC Comics la sollicite, comme ils l’ont fait pour de nombreux athlètes notables, pour endosser le rôle de leur nouvelle super héroïne : Wonder Woman. Au lieu de ça, Marble devient rédactrice associée du magazine et créée une rubrique spéciale intitulée “Incroyables femmes dans l’Histoire… par Alice Marble” où elle retrace le parcours de femmes comme Florence Nightingale, sous forme de BD.

La Seconde Guerre mondiale a aussi apporté son lot de difficultés. Après avoir fait une fausse couche, Marble perd son mari Joe Crowley, un pilote de chasse, tué dans l’action. Inconsolable, elle rapporte dans ses mémoires qu’elle a accepté sans hésitation lorsque le gouvernement l’a approchée pour opérer en tant qu’espion en Suisse, une mission révélée seulement après la mort de Marble, à la publication de son livre.

“Je sentais que je n’avais plus rien à perdre, sauf ma vie”, écrit-elle, “mais à l’époque je ne me souciais plus de la vie.”

La mission de Marble qui était d’obtenir des informations financières Nazis, s’arrêta brusquement quand un agent Nazi lui tira dans le dos.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là : après avoir récupéré toutes ses facultés, Alice Marble est retournée vivre aux USA où elle s’est lancée dans une nouvelle cause, l’intégration raciale au tennis. Dans l’édito datant de juillet 1950 du American Lawn Tennis Magazine, elle plaide pour le joueur Althea Gibson afin qu’il soit autorisé à jouer dans les compétitions de l’US Lawn Tennis Association. “Si le tennis est un jeu pour les dames et messieurs, il est aussi temps d’agir un peu plus comme des gentlemans et moins comme des hypocrites moralisateurs”, écrit-elle. La lettre de Marble a été un facteur majeur dans l’invitation de Gibson à jouer dans le tournoi connu maintenant comme l’US Open.

Avant Wonder Woman et les Nazis, en 1939 quand Marble était à l’apogée de sa carrière, LIFE l’a fait poser pour sa couverture. Le magazine réprimandait le reste des médias qui ne se concentraient que sur le côté glamour de la tenniswoman alors qu’elle était bien plus. Même elle préférait le confort au glamour sur le terrain où elle refusait la tradition des dames qui est de porter des jupes et avait opté pour un short à la place.

LIFE a écrit à ce propos : les journalistes aiment à penser Alice Marble comme une fille glamour. Ils bavardent à propos de ses beaux vêtements, ses prestations de chant, ses offres pour des films. Ils l’appellent la “Venus fuselée des courts de tennis.” Tout cela est absurde. Elle est une jolie fille à qui le short va bien. Ses bras et ses jambes sont très longs et musclés, et elle joue bien trop au tennis pour être glamour … Même aujourd’hui, à 26 ans, elle est un peu un garçon manqué, elle frappe les balles de tennis avec bien plus de puissance que ne le font la plupart des hommes. En fait, si elle avait le choix, elle ne jouerait que dans les tournois des hommes.

Marble fut tour à tour une championne de tennis qui a remporté des Grand Chelem, une espionne de Nazis, une éditrice de comics se battant pour l’égalité. Il est étonnant qu’aucun biopic venu Hollywood n’est encore vu le jour sur cette Wonder Woman bien réelle…

alice-marble-life ©DR
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